La troisième aventure de Lara


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La troisième aventure de Lara

Messagepar Phantom_Blue » 11 Oct 2016, 09:14


1

Lara déboula dans la cuisine après 10 heures, en jean noir moulant déchiré aux genoux, le tee-shirt tout aussi noir avec Marilyn Manson dans "Sweet dreams".
Assis à la table, Winston épluchait des pommes de terre, devant un verre et une bouteille de Old Scotch à moitié vide.
Elle prit une clémentine dans une jatte sur le buffet, retira la peau en trois coups de doigts et mordit dans un quartier. Avant de lancer d’une voix fruitée :
— Ouais, la machine c’est bien beau, voyager dans d’autres dimensions, mais qui sont toutes paradisiaques donc sans intérêt pour l’aventure. Les énigmes sont sur Terre. Papa a une pile de dossiers qui attend, j’ai de quoi faire.
— Sir Croft avait résolu quelques énigmes, commença Winston, il partait souvent à l’autre bout du monde, ce qui n’était pas trop du goût de lady Croft. Elle préférait le calme d’une vie sédentaire, la broderie et la poésie. Elle adorait les romans de Barbara Cartland, d’ailleurs elles étaient de grandes amies.
— Ah ouais, maman et son romantisme à fleur de peau ! La belle orpheline pauvre qui rencontre le beau milliardaire ! Combien de fois elle s’est passée "Pretty woman", les yeux inondés de larmes.
— Les valeurs du couple ont tendance à se perdre de nos jours, critiqua le majordome en se versant un verre, il serait bon de revenir à la bonne morale victorienne.
Lara agrippa une autre clémentine et chanta en l’épluchant :
— Wiwi, vous êtes vieux jeu. Il faut vivre avec son temps. Les crinolines sont passées de mode, l’amour s’est libéré dans les sixties avec le "flower power". D’ailleurs c’est à Londres que les minijupes ont vu le jour. God save the Queen !
Le majordome exécuta un signe de croix en entendant la fameuse formule. Ce qui fit sourire Lara. Il avala le verre d’un trait et répliqua :
— Attendez de vivre votre premier chagrin d’amour et vous reviendrez à une plus juste raison du couple.
— Je veux bien avec vos traditions et tout le bazar, mais il y a eu Charles et Diana... et Camilla.
Le majordome exécuta un nouveau signe de croix, plus nerveux, et se versa un autre verre avant de l’engloutir d’un geste du coude très sec. Il articula d’une voix Old Scotchienne :
— Parfois les destins divergent, la Nature est fantaisiste, il faut savoir garder la tête froide.
— Eh bien je vous dirai ça quand je divergerai. En attendant je prépare ma nouvelle aventure.
Winston la cibla d’un regard interrogateur, ses cheveux blanc argenté brillant du plus bel effet.
— Je garde encore le secret, et il faut que j’attende cette nuit. Vous en saurez plus demain. Bon on mange quoi ? Il me faut des forces pour ce que j’ai à faire.

2

Séraphine tria la dizaine de DVD, enfoncée dans le canapé, face à l’écran géant de la télé qui diffusait les infos de 20 heures.
— On regarde quel film ?
Claire se pointa avec un plateau chargé de Chips, pop corn, barres de chocolat et sodas à profusion. Elle le posa sur la table basse.
— Ce que tu veux.
— Ben le choix est réduit, y a que de l’épouvante. Tu veux quoi ? Les vampires ou les zombies ?
— On commence par les zombies. Ça me rappellera Raccoon City.
— Tu devrais changer un peu, une belle histoire d’amour par exemple.
— Mais flinguer un zombie c’est comme faire l’amour.
— Toi alors ! Hé t’as oublié les Crunch Monsters ! Tu avais dit que t’en as acheté !
— Ah oui ! T’aimes pas les zombies mais tu dégustes des Crunch Monsters.
— Ben quoi ! Y en a qui n’aime pas les patates et qui bouffe des frites.
Claire rigola et retourna les chercher dans le coin cuisine en pente sous le toit.
Le gros titre "En direct de Big Ben" flasha sur l’écran. La célèbre tour apparut sur fond de nuit étoilée. Un projecteur au sol éclairait la façade.
Séraphine poussa un cri de fille et s’écria :
— Y a Alain Robert qui escalade Big Ben !
Claire rappliqua en vitesse, posa les Crunch Monsters sur la table et fixa l’écran.
— Trop fort le mec ! J’ai bien envie d’aller là-bas pour le rencontrer.
— Dis donc, tu en pincerais pas un peu pour lui ? taquina Séraphine.
— Normal, ça c’est un mec, un vrai, pas une chochotte qui se vautre sur le canapé en se bourrant la gueule devant un match de foot.
Britney Winfield, la journaliste de Sky News, commenta l’événement :
— Ce sont des passants qui ont donné l’alerte… Incroyable, une femme apparemment très jeune escalade la tour de Big Ben… Je rappelle sa hauteur qui est de 96 m… la femme se trouve à environ 70 m… la police est au sommet… pour l’instant nous ne pouvons rien faire sinon attendre en espérant qu’elle ne tombera pas dans le vide….
Claire crut défaillir et souffla dans un souffle étonné proche d’une tornade de stupéfaction :
— Mais c’est Lara ! C’est pas vrai ! Je rêve !
Les couettes de Séraphine tourbillonnèrent dans un tourbillon tourbillonnant.
— Ouais c’est elle ! C’est pas possible ! Elle est devenue folle ou quoi ? Attends je vais l’appeler !
Elle s’empara de son smartphone mais fut stoppée dans son élan par un cri de Claire :
— Mais arrête ! Faut pas l’appeler, la sonnerie risque de la surprendre !
— Ah ouais t’as raison ! Purée, j’te jure !
— Viens, on file là-bas !
Séraphine se leva d’un bond du canapé et largua dans une demi rigolade :
— Ben toi qui voulais un film d’épouvante, tu es servie !

3

Le centaure se ramena en trottinant sur ses pattes musclées, le poitrail impressionnant. Ses sabots marquaient le sable blanc. Il ressemblait à Johnny Depp. Une brise marine venue de l'océan agitait ses longs cheveux rouges et sa crinière flamboyante.
Séraphine recula d'un pas, intimidée, surtout par sa tenue. Trois coquillages placés aux endroits que la morale demande de masquer.
— Salut à toi belle sirène, je te prends pour femme !
— Hé doucement, protesta-t-elle, on n'a même pas été présenté.
Le centaure trépigna des pattes arrière, se dressant dans une ruade cavalière et menaçante. La plage trembla dans un tremblement de sable agité.
Et Séraphine se réveilla sur la banquette arrière de la Buggy qui fonçait dans les rues de Londres sous une aube rose et orange. Claire tenait le volant. Assise à côté d'elle, Lara avec sa natte virevoltante.
— Hé mais c'est quoi ? demanda-t-elle. Qu'est-ce qui se passe ?
— Tu t'es endormie pendant qu'on attendait Lara devant le commissariat, répondit Claire. On va prendre un petit dej.
Les filles se retrouvèrent dans le salon de thé Chez Tiffany, devant des tasses de chocolat, piochant les petits pains aux raisins et les croissants fourrés.
— Ben alors ? s'impatienta Séraphine. Qu'est-ce qui t'a pris d'escalader Big Ben ? T'es devenue folle ou quoi ?
Lara esquissa un sourire à la fois taquin et chargé de mystère. Elle articula avant de mordre dans un petit pain au chocolat :
— C'était la deuxième barre à la deuxième heure ! Et je l’ai trouvée !
Elle exhiba une clé devant les yeux étonnés des filles. Et donna une rapide explication.
— Quoi ? s’écria Séraphine, les couettes chaloupant dans tous les sens. Tu as escaladé Big Ben pour prendre cette clé planquée dans une barre du chiffre deux ? Mais il y a un escalier, je te signale !
— Oui, répliqua Lara, affichant toujours son sourire triomphant. Mais ça fait plus aventure d’escalader. Et puis je voulais savoir si j’en étais capable. Et puis… mais suspense !
— Pffff ! souffla Claire en examinant la clé. Je crois que t’es complètement tarée. Il y a le numéro 222. Et RBL ça veut dire quoi ? On dirait une clé de consigne de gare, il y a une couronne. Et elle est censée ouvrir quoi ? Et surtout comment tu as su qu’elle était planquée là-haut ? Et par qui ?
Lara dégusta une gorgée de chocolat onctueux et expliqua à voix basse, car des clientes venaient de s’installer à une table voisine :
— Dans un dossier de mon père, j’ai trouvé des documents sur une confrérie du siècle dernier, "Les cavaliers de l’Apocalypse", il enquêtait dessus. Elle était dirigée par la comtesse Helena von Fleckenstein, une aristocrate allemande émigrée en Grande-Bretagne en 1855. C’est la clé d’un coffre à la Royal Bank of London.
— Ouah ! s’exclama Séraphine, les couettes dressées en l’air. Et il y a quoi dans ce coffre ?
— Peut-être le plan qui conduit au trésor des Templiers à Rennes-le Château en France.
Lara avait prononcé les mots, toujours à voix basse, en insistant sur "trésor des Templiers" et "Rennes-le-Château".
— Ah oui ! fit Claire. Je connais, j’avais vu un téléfilm sur Youtube, "L’or du diable", c’est l’abbé Saunières à la fin du 19e siècle, il avait été muté dans ce petit village perdu, et en faisant des travaux dans l’église pour la rénover, il aurait trouvé des documents dans un pilier creux. Il est allé à Paris et à son retour, au fil des années, il a dépensé dans les trois milliards.

4

Il était deux heures quand la Rolls se gara devant le bâtiment gothique de la Royal Bank of London. Une pluie fine tombait sur la ville. Winston s’éjecta au ralenti du volant, la casquette réglementaire des chauffeurs sur la tête. Il fit le tour de la voiture et ouvrit la portière arrière, côté trottoir. Un grand parapluie noir déployé au-dessus de lui, préservant des gouttes de pluie la ravissante jeune femme qui en descendit, d’une élégance folle dans un tailleur Balenciaga. Un chapeau Clotilde Toussaint, réplique exacte de celui de Faye Dunaway débarquant de l’aéroport dans "L’affaire Thomas Crown".
Vingt mètres plus bas, dans la Buggy à la capote rabattue, Séraphine relisait pour la troisième fois l’article en page 5 du Times.
— Non mais c’est dingue ! Son nom dans le journal, et elle a escaladé pour attirer l’attention sur l’orphelinat de Soho qui attend une aide, en précisant qu’elle leur avait fait don d’un chèque de 20 000 Livres Sterling ! J’en reviens toujours pas !
— Moi non plus, souffla Claire, décidément, ce n’est plus la petite Lara studieuse qu’on a connu. Et je crois qu’on n’est pas au bout de nos surprises.
Monsieur Francis Lincoln, directeur de la banque, l’accueillit dans son bureau et attendit qu’elle fut assise dans le fauteuil en cuir en face de lui, pour prononcer de la voix vénérable de ses 70 ans :
— Nous sommes encore sidérés par votre exploit, chère lady Croft, un tel dévouement humanitaire est un exemple pour notre nation, et la banque s’associe à votre campagne d’aide. Dans le monde actuel, avec les difficultés que nous connaissons, il est un devoir pour chacun de s’unir et de s’entraider. Et vous nous avez montrés la voie, en prenant quand même quelques risques, je dois l’avouer.
— Vous savez, répondit Lara, nous sommes très sportifs dans la famille, et quand il s’agit d’une bonne œuvre, une petite escalade ne nous fait pas peur. Vous pensez bien que j’étais sûre de moi sinon je ne me serais jamais lancée dans une entreprise aussi périlleuse.
— Oui, bien sûr, je n’en doute pas un seul instant, et que me vaut le plaisir de votre visite ?
— Voilà, j’ai récemment retrouvé dans les archives familiales la clé de l’un de vos coffres, que voici, et j’aimerais bien prendre connaissance du contenu.
Le directeur examina la clé derrière ses lunettes et s’exclama d’une voix soudain ragaillardie :
— Si je m’attendais à trouver encore une de ces clés, elle date du siècle dernier. Si vous la possédez vous êtes donc autorisée à ouvrir le coffre correspondant. A condition évidemment qu’elle vous appartienne vraiment, dans le cas contraire qu’aucun héritier ne soit encore en vie, ce qui demande une recherche préalable, vous en conviendrez. Mais permettez que je vérifie s’il n’y a pas la clause qui résoudrait ce dilemme… hum…
Lara acquiesça. Le directeur sortit d’un tiroir de son bureau un grand livre à la couverture en cuir rouge orné des trois lettres dorées RBL.
— Voyons voir, dit-il en le feuilletant, le numéro 222… ah voilà !… Elle appartient à Helena von Fleckenstein qui avait loué un coffre pour une durée illimitée… le 22 février 1859… Vous avez de la chance, lady Croft, elle précise que la clé est au porteur, c’est celui qui la possède qui en est le propriétaire. Donc le problème est réglé, je vous conduis à la salle des coffres.

5

Séraphine commençait à s’impatienter. Les yeux fixés sur l’entrée de la banque.
— Mais qu’est-ce qu’elle fait ? Elle prend le thé ou quoi ?
— Ça va, ne sois pas si nerveuse ! Si tu veux un motif d’énervement, jette plutôt un coup d’œil dans le rétro !
— Ah pourquoi ? s’étonna Séraphine en s’exécutant. Mais y a quoi à voir ?
— La Jaguar garée de l’autre côté de la route. Ça fait un moment qu’elle nous suit.
— Ah ouais ! On voit pas à l’intérieur, les vitres sont teintées. Ça veut dire quoi ?
Lara apparut dans l’entrée de la banque, un papier à la main. Puis elle attendit que Winston lui ouvre la portière arrière pour s’engouffrer dans la Rolls.
Trois secondes plus tard le smartphone de Claire carillonna "All you need is love" version Sepultura avec des grognements de bestioles carnassières.
L’oreille collée contre l’écouteur, Claire secoua plusieurs fois la tête avant de lâcher :
— OK, je te suis à distance !
— Mais y a quoi ? demanda Séraphine, les couettes consternées de consternation.
— Lara veut qu’on la suive, mais quand la Jaguar aura démarré derrière elle, et à distance. Et on ne devra surtout pas intervenir.
— Comment ça ? Ne pas intervenir . Ça veut dire quoi ?
— Si je le savais ! Mais je suppose que Lara sait ce qu’elle fait ! On en saura certainement plus dans pas longtemps.
Elle démarra et tourna à gauche, quittant l’avenue, à la plus grande surprise de Séraphine qui s’écria, les couettes totalement désorientées :
— Mais on va où ?
— On doit s’éloigner, pour permettre à la Jaguar de la suivre. Elle m’a donnée l’itinéraire.
— Pffff ! souffla Séraphine. On nage en plein mystère !
Quinze minutes plus tard, la Buggy prenait une petite route filant à travers la campagne vers Cambridge.
La Rolls apparut, arrêtée dans un virage. La pluie avait cessé. Une délicieuse odeur de campagne flottait dans l’air.
Les filles retrouvèrent Lara debout sur la route, souriante. Signe que tout allait bien.
— Ben alors ? s’exclama Séraphine, les couettes nouées d’interrogations.
— Où est Winston ? demanda Claire.
Lara indiqua un arbre dans un champ.
— Il avait une envie pressante. Bon, les filles, la troisième étape est réussie. Les Nazis ont volé le plan.
— Des Nazis ? s’étonna Claire. On joue dans quel film là ?
— Ben alors, renchérit Séraphine, s’ils ont volé le plan du coffre, ils vont trouver le trésor. Toi qui a une mémoire photographique, fallait l’enregistrer et le laisser à la banque. M’enfin !
Lara les cibla d’un regard perçant pendant que Winston revenait à petits pas au milieu des herbes et d’un vol d’une trentaine de hannetons en rut.
— C’était un faux plan.
— Quoi ? s’écria Séraphine.
— T’es trop forte ! chanta Claire ? Mais le vrai plan alors ?
— Il n’y avait pas de plan, le coffre était vide.

6

Une ambiance d’après-midi très londonienne régnait au "Stick Fingers", le café bar de Bill Whyman. Le Rolling Stones qui avait défrayé la chronique dans les années 80 avec Mandy Smith. Une liaison sulfureuse qui avait noirci les pages des journaux et des magazines.
Séraphine n’en revenait toujours pas. Elle avala une longue gorgée d’Indian Pale Ale et demanda, les lèvres mousseuses :
— Si je comprends bien, tu savais que les Nazis étaient sur le coup et tu as tout fait pour les attirer.
— Plutôt bien joué, commenta Claire, sifflant elle aussi une bonne rasade de bière, te faire remarquer en escaladant Big Ben, sachant qu’ils feraient tout de suite le rapprochement avec la fameuse clé.
— Oui, expliqua Lara, Helena avait connu Charles Barry, l’architecte, lui aussi passionné d’ésotérisme et de mystères. Il avait 62 ans, elle 28 ans, ce qui n’a pas empêché un grand amour.
— Un peu comme Bill et Mandy, chanta Séraphine, bon dans une autre tranche d’âge.
— Le cœur a ses raisons que la raison ignore, commenta Claire. Si moi je devais tomber amoureuse…
— D’un zombie ! s’esclaffa Séraphine. Comme dans le film "Warm bodies" !
— Bon, vous me laissez continuer ? coupa Lara. La confrérie qu’elle avait créée prenait un tournant qui ne lui plaisait pas. Certains membres prônaient un extrémisme, se vantant d’êtres les seuls élus, les autres, donc le commun des mortels pouvant crever. Bref. Elle a ouvert un coffre à la Royale Bank et avec l’aide de Charles, en faisant croire qu’un plan conduisant au trésor s’y trouvait, et ils ont caché la clé dans la deuxième barre du deux de l’horloge. Scellée avec un mécanisme d’ouverture secret. La Confrérie a bien essayé de s’emparer de la clé mais en vain et Helena s’est enfuie avec Charles. Hélas il est mort deux années plus tard et elle a disparu de la circulation.
— Quand même triste comme love story, soupira Claire.
— Oui mais pourquoi tout ça ? demanda Séraphine. Puisque le coffre était vide. Il y avait un plan ou pas ? Quelqu’un l’a pris ?
— Mais non ! intervint Claire. Puisqu’il fallait la clé et que Lara l’a récupérée.
— Pffff je suis paumée là ! souffla Séraphine avant de vider son verre et de roter en lâchant un "oups", la main devant sa bouche.
Lara commanda une autre tournée et continua pendant que "Satisfaction" crachait dans les enceintes :
— Helena a fait croire qu’il y avait un plan sur ce fameux trésor des Templiers soi-disant caché à Rennes-le-Château. Et laissé des indices sur cette clé mais inaccessible en fin de compte. Jusque-là vous suivez ? OK ! La confrérie a perduré jusqu’à nos jours.
La serveuse ramena un plateau chargé de bières, qu’elle posa sur la table. Et gagna une table voisine pour prendre les commandes.
— Oui mais toi, comment tu as fait pour ouvrir cette barre ?
Claire attendait la réponse, les doigts vissés sur son verre regorgeant de mousse. Séraphine écarquillait des yeux ronds comme Naru découvrant Keitaro en slip dans le manga "Love Hina".
— Le chiffre ! répondit Lara. Tout est dans le chiffre ! L’ouverture de la barre, le lieu du trésor ! Le chiffre, c’est le plan !
— Mais quel chiffre ? s’impatienta Séraphine, énervée.
Dans un moment d’excitation, sa main cogna contre le verre qui se renversa. Une flaque de bière inonda la table.
— Insortable ! rigola Claire. Dis donc, terminé l’alcool, tu te mets à la limonade !

7

Lara savourait un café sur la terrasse de l'Hostellerie en contemplant les collines de Rennes-le-Château. Claire se tartina une biscotte et articula, les dents biscotteuses :
— Ç’aura été quand même un beau voyage même s’il y avait pas de trésor. Peut-être qu’il a été déplacé ailleurs en fin de compte. Et l’abbé Saunières a peut-être pas tout dépensé. Faudra revenir, en plus je trouve l’endroit reposant.
Séraphine, qui feuilletait L’indépendant, s’exclama, les couettes en joie :
— Ils en parlent même ici ! Le démantèlement d’un réseau néo-nazis trafiquants d’antiquités à Londres ! Lara t’es trop forte ! Avoir aiguillé la confrérie sur une cache d’objets anciens que ton père avait répertorié. Mais comment il a su que ça allait servir pour toi ?
— Papa était voyant, un peu comme Nostradamus. Il avait prévu pas mal de choses, moi y compris, que je me lancerais un jour dans l’aventure, alors qu’au départ je n’étais absolument pas chaude pour ça.
— Ouais, soupira Séraphine, mais ils ne parlent pas de toi. Tu as pourtant contribué à les faire coffrer. Et grâce au coffre ! Je suis trop forte ! Des fois je m’étonne moi-même.
— Ça vaut mieux qu’on ne parle pas de moi. J’aurai encore l’occasion de m’illustrer.
— Eh ben ça j’en suis sûre, lança Claire, et pas besoin d’être voyante ! Tiens, je vais faire comme le docteur Watson avec Sherlock Holmes, je vais écrire tes exploits !
— Super idée ! s’écria Séraphine. On va tenir ton journal de bord ! Et quand on aura suffisamment d’aventures, on publiera un bouquin. Et peut-être même qu’on fera un jour des jeux vidéo sur toi !
— Je n’en demande pas tant. Je veux juste résoudre des énigmes. C’est devenu ma passion. Et puis on voyage, on découvre d’autres lieux, c’est quand même mieux que de rester dans ses pantoufles au coin du feu avec une tasse de thé et un chat grognon.
— Un chat grognon c’est mieux qu’un homme grognon, rigola Claire, et puis il boit du lait, il se bourre pas la gueule.
— Ouais t’as raison, approuva Séraphine, moi d’ici à ce que je tombe amoureuse d’un mec, j’aurai le temps de découvrir d’autres trésors. Je tiens pas à m’accrocher un boulet au pied.
Un jeune homme au teint bronzé, en tee-shirt marin et jean prit place à la table voisine.
Claire souffla discret à Séraphine :
— Je crois que t’as un ticket. Le mec n’arrête pas de te regarder. On dirait Jack Sparrow dans "Pirates des Caraïbes".
— Ah ouais ? s’étonna-t-elle, pas discret du tout, en se tournant, les couettes tourbillonnantes.
Machinalement, elle afficha un sourire, ce qui la surprit. Il lui répondit de la même façon.
Cinq minutes plus tard, Victor était assis à la table des filles et racontait sa vie en Camargue, évoquant son film culte "D’où viens-tu Johnny ?". Avec Johnny Halliday chevauchant au milieu des taureaux.
Séraphine crut défaillir en remarquant le tatouage sur son biceps droit. Un centaure !

8

Lara ouvrit Word sur son portable et tapa en majuscules : "Ma troisième aventure". Elle pianota sur les touches pendant vingt minutes, sans interruption. Concentrée, le visage impassible, alignant les phrases sans hésitation.
Dans la grande pièce, Winston époussetait les bibelots sur les étagères avec un plumeau rose. On entendait le frottement léger des plumes et les cliquetis tamisés du clavier. Parfois aussi le choc très discret d’un goulot de bouteille Jack Daniels contre un verre.

Je ressens quand même un sentiment de culpabilité, celui d’avoir orienté les filles sur une fausse piste. Je savais que la grotte était vide. Le trésor est caché ailleurs dans la campagne de Rennes-le-Château. Et il doit rester caché. Je ne révélerai donc pas le secret du chiffre, le 222, qui permet d’y accéder. Il doit lui aussi demeurer dans l’ombre du secret. Un jour, l’énigme apparaîtra au grand jour, mais ce moment n’est pas encore venu. Le trésor n’est pas seulement composé d’or et de joyaux, mais aussi de parchemins dont certains expliquent le Grand Œuvre et la réalisation de la Pierre Philosophale, avec l’élixir de jouvence qui confère l’éternelle jeunesse et certains pouvoirs comme la voyance. Séraphine a bien fait de quitter Victor, après un baiser pourtant romantique au clair de lune. D’ailleurs Victor a tout fait pour qu’il n’y ait pas de suite. Si elle savait qu’elle a embrassé l’abbé Saunières, ses couettes se hérisseraient comme des paratonnerres chargés de foudre. Il savait que nous recherchions le trésor, il m’a remerciée de ne rien divulguer. Quand même un sacré séducteur, amant de la cantatrice Emma Calvé, il avait séduit aussi à un moment Helena von Fleckenstein, un homme exceptionnel en somme.

Lara arrêta d’embêter les touches et fixa Winston, occupé à aligner avec précision les livres de la grande bibliothèque. Elle estima que l’aventure était un besoin vital dans son existence, mais que le cadre familier du manoir avec ce cher Wiwi était un besoin encore plus vital. Le fameux "Home sweet home" !
Le majordome remarqua que sa chère lady Croft rêvassait. Il demanda d’une voix à la fois stylée et affectueuse :
— Tout va comme vous le désirez ?
— Oui, répondit-elle, tout va comme je le désire. On mange quoi pour midi ?
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Re: La troisième aventure de Lara

Messagepar Ram16 » 12 Oct 2016, 11:41


:jaune04:
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Re: La troisième aventure de Lara

Messagepar Babou » 25 Oct 2016, 21:58


Est-ce que Rennes-le-Château est un endroit paradisiaque ? Oui, car perché au sommet d'une colline, il offre une très magnifique vue sur la vallée de l'Aude et la chaîne pyrénéenne. Ici commence une étrange histoire, elle a démarré à la fin du XIX ème siècle, on l'a nommée "le Trésor de l'abbé Saunière" ! Sachez que cette histoire de trésor a fait naître des passions que vous n'imaginez pas, qui dit or, dit chercheur dans tous les sens du terme, et ils sont nombreux à tel point qu'il a fallu interdire par un arrêté municipal datant du 25 juillet 1965, toutes fouilles dans le village et ses environs. C'est dans ce village que l'on découvrit un drame, le 1er novembre 1897 on retrouva l'abbé Gélis assassiné dans son presbytère, c'était un ami de l'abbé Saunière. L'assassin n'a jamais été retrouvé. Jules Vernes aurait pu l'inventer, Jean-Christophe Grangé aurait pu aussi l'avoir dans sa biographie, Phantom Blue s’en est inspirée.

Je ne fais pas le reste en couleur car ça me fatigue. :p

Ce sont des passants qui ont donné l’alerte… Incroyable, une femme apparemment très jeune escalade la tour de Big Ben… Je rappelle sa hauteur qui est de 96 m… la femme se trouve à environ 70 m… la police est au sommet… pour l’instant nous ne pouvons rien faire sinon attendre en espérant qu’elle ne tombera pas dans le vide….
Quel suspense !Image

Le centaure se ramena en trottinant sur ses pattes musclées, le poitrail impressionnant. Ses sabots marquaient le sable blanc. Il ressemblait à Johnny Depp
Soit l’auteur a une imagination flamboyante, soit il a fumé la moquette. :mrgreen:

La plage trembla dans un tremblement de sable agité.
:02:

Il y a le numéro 222. Et RBL ça veut dire quoi ?
Oui, ça veut dire quoi ? :15:


Winston s’éjecta au ralenti du volant, la casquette réglementaire des chauffeurs sur la tête.
:15:

Un grand parapluie noir déployé au-dessus de lui, préservant des gouttes de pluie la ravissante jeune femme qui en descendit, d’une élégance folle dans un tailleur Balenciaga. Un chapeau Clotilde Toussaint, réplique exacte de celui de Faye Dunaway débarquant de l’aéroport dans "L’affaire Thomas Crown".
Il pleut toujours à Londres… Pourquoi l’auteur parle-t-il de Lara de manière neutre ? S’il n’y avait pas eu le personnage de Winston je n’aurais pas su qu’il s’agissait de Lara. Ça été ma première vision et j’ai relut.Image

Si je m’attendais à trouver encore une de ces clés, elle date du siècle dernier. Si vous la possédez vous êtes donc autorisée à ouvrir le coffre correspondant.
Ben voyons, c’est comme si on regardait un film en devinant la suite, je veux dire que là pour le coup c’était inévitable comme scénario. :11:

Voyons voir, dit-il en le feuilletant, le numéro 222… ah voilà !… Elle appartient à Helena von Fleckenstein qui avait loué un coffre pour une durée illimitée… le 22 février 1859… Vous avez de la chance, lady Croft, elle précise que la clé est au porteur, c’est celui qui la possède qui en est le propriétaire. Donc le problème est réglé, je vous conduis à la salle des coffres.
Décidément la chance lui sourit. XD

Lara les cibla d’un regard perçant pendant que Winston revenait à petits pas au milieu des herbes et d’un vol d’une trentaine de hannetons en rut.
Bravo, Winston ! Lol. :jaune02:

Elle a ouvert un coffre à la Royale Bank et avec l’aide de Charles, en faisant croire qu’un plan conduisant au trésor s’y trouvait, et ils ont caché la clé dans la deuxième barre du deux de l’horloge. Scellée avec un mécanisme d’ouverture secret. La Confrérie a bien essayé de s’emparer de la clé mais en vain et Helena s’est enfuie avec Charles. Hélas il est mort deux années plus tard et elle a disparu de la circulation.
Oui mais toi, comment tu as fait pour ouvrir cette barre ?
Claire attendait la réponse, les doigts vissés sur son verre regorgeant de mousse. Séraphine écarquillait des yeux ronds comme Naru découvrant Keitaro en slip dans le manga "Love Hina".
Le chiffre ! répondit Lara. Tout est dans le chiffre ! L’ouverture de la barre, le lieu du trésor ! Le chiffre, c’est le plan
!
C’est ingénieux sauf que rien n’est révélé. Lara gardera le secret du chiffre. Ingénieux mais complexe avec l’histoire des nazis qui s’en mêlent. Qui s’emmêlent. Fallait imaginer un scénario lié à l’énigme de la confrérie et il est bien ficelé car on le relit. :fille19:

Super idée ! s’écria Séraphine. On va tenir ton journal de bord ! Et quand on aura suffisamment d’aventures, on publiera un bouquin.
Et peut-être même qu’on fera un jour des jeux vidéo sur toi
!
Belle initiative…. :mrgreen:

Cinq minutes plus tard, Victor était assis à la table des filles et racontait sa vie en Camargue, évoquant son film culte "D’où viens-tu Johnny ?". Avec Johnny Halliday chevauchant au milieu des taureaux.
Séraphine crut défaillir en remarquant le tatouage sur son biceps droit. Un centaure
!
Un rêve prémonitoire ? :03:

Je ressens quand même un sentiment de culpabilité, celui d’avoir orienté les filles sur une fausse piste. Je savais que la grotte était vide. Le trésor est caché ailleurs dans la campagne de Rennes-le-Château. Et il doit rester caché. Je ne révélerai donc pas le secret du chiffre, le 222, qui permet d’y accéder. Il doit lui aussi demeurer dans l’ombre du secret. Un jour, l’énigme apparaîtra au grand jour, mais ce moment n’est pas encore venu. Le trésor n’est pas seulement composé d’or et de joyaux, mais aussi de parchemins dont certains expliquent le Grand Œuvre et la réalisation de la Pierre Philosophale, avec l’élixir de jouvence qui confère l’éternelle jeunesse et certains pouvoirs comme la voyance. Séraphine a bien fait de quitter Victor, après un baiser pourtant romantique au clair de lune. D’ailleurs Victor a tout fait pour qu’il n’y ait pas de suite. Si elle savait qu’elle a embrassé l’abbé Saunières, ses couettes se hérisseraient comme des paratonnerres chargés de foudre. Il savait que nous recherchions le trésor, il m’a remerciée de ne rien divulguer. Quand même un sacré séducteur, amant de la cantatrice Emma Calvé, il avait séduit aussi à un moment Helena von Fleckenstein, un homme exceptionnel en somme.

On va dire que c’est pour une bonne cause dans le futur, ainsi Lara culpabilisera moins vis-à-vis de Claire et Séraphine. Séraphine qui ne sait pas qu’elle a embrassé l’abbé Saunières, devenu Victor grâce à l’élixir de jouvence. Elle ne sait pas qu’elle a embrassé une vieille carcasse. Un abbé de surcroit.

"Mon dieu" ! s’exclame Bertin. Mais, Bertin, dieu n’a rien à voir. Image Clin d'oeil à Krys.
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Re: La troisième aventure de Lara

Messagepar Krystos » 08 Nov 2016, 14:37


Une excellente suite ^^ Lara Gagne en confiance et son caractère solitaire commence peu a peu a se construire lorsqu'elle commence à mettre Séraphine et Claire "à l’écart" .

Quant à ces deux dernières, elles semblent au contraire rester au même niveau et ceux pour notre plus grand plaisir XD. Leur grain de folie et les pics qu'elles s’envoient par moment sont un délice.

Je constate également que wiwi , lui, à défaut d’être siphonné comme Séraphine et Claire, se contente de siphonner les bouteilles comme il respire XD. J’espère que ce n'est pas sa pause pipi qui a éveillé le rut des Hannetons...ce serait inquiétant. :lol: :lol: :lol:

Pour ce qui est de l’énigme, elle est rudement bien ficelée, bien qu'à un moment je me suis quelque peu perdu, j'ai donc relu plus attentivement ^^.

Sinon, moi je veux bien la moitié du centaure XD ...La moitié supérieure XD.

J'ai hâte de découvrir quelles nouvelles surprises nous réserve Miss Croft ;-)....Non mais plus sérieusement, faut vraiment s'occuper de Wiwi, le pauvre...si ça continue il va devenir une parodie de Charlie et la chocolaterie...sauf que la ça serait Wiwi et la distillerie :lol: :lol:

Mon Dieu ! Babou tu m'as tué de rire :grislol:
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Re: La troisième aventure de Lara

Messagepar Babou » 08 Nov 2016, 18:08


Krystos a écrit:Je constate également que wiwi , lui, à défaut d’être siphonné comme Séraphine et Claire, se contente de siphonner les bouteilles comme il respire XD. J’espère que ce n'est pas sa pause pipi qui a éveillé le rut des Hannetons...ce serait inquiétant. :lol: :lol: :lol:

Ptète que Winston a eu une érection et les hannetons ont cru voir une branche. :jaune08: :jaune02:

Krystos a écrit:Pour ce qui est de l’énigme, elle est rudement bien ficelée, bien qu'à un moment je me suis quelque peu perdu, j'ai donc relu plus attentivement ^^.

Ouf, je suis pas la seule à avoir relu. :fille19:
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