Petites chroniques de L'homme qui se recouche


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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Phantom_Blue » 24 Oct 2008, 09:48


Chronique 15

Pourquoi je me retrouve dans la zone industrielle ?
Le ciel est couvert. Je marche sur le bord de la route. Il n’y a pas de trottoir. Ou plus exactement les parties trottoirs sont squattées par des bagnoles. Des bâtiments modernes à un ou deux étages s’alignent sur des carrés de terre fraîchement remuée. On se croirait à Brasilia…
Héééééééééééééééé ! Je suis revenu au début. Là j’essaye de cogiter speed pour trouver un sens. Comme j’ai loupé l’indice, peut-être que je dois refaire. C’est la première idée qui me flashe dans les neurones. J’en trouve pas d’autre sur le coup.
J’attends le Berliet. Les minutes passent. Rien. Je décide de filer au bistrot.
Stupeur en arrivant devant. La porte et les volets sont fermés. En plus le nom a changé. Ça s’appelle « Chez Emile ».
Je reviens sur mes pas. Le Berliet arrive et s’arrête au même endroit que l’autre fois. Sûrement que j’étais parti trop tôt. Je ne vois pas d’autre explication.
La portière de la cabine s’ouvre et le patron du bistrot descend, en Marcel kaki, avec une casquette de marin. Une clope fume aux dents.
Ce n’est plus Lino. Je ne sais plus trop quoi penser.
Le gars m’aperçoit et traverse la route.
— Salut, vous sauriez pas où je peux trouver un bistrot ?
OK, pour ça c’est pareil. A mon avis le bistrot sera ouvert.
Durant le trajet, il me cause d’une cargaison de jeux vidéo. Il sort un dépliant de sa poche et me le donne. Je reconnais tout de suite Angie Cyclone, les lolos surboostés, en shorty synthétique, un gun spatial dans les doigts.
CYBER GIRL, Alisa Clone, l’espionne des espaces virtuels.

Je ne m’étais pas trompé. Le bistrot est ouvert et il s’appelle toujours « Chez Emile ». Avant d’entrer le gars bazarde le bout filtre de la clope.
Autre surprise. C’est Lino Ventura qui campe derrière le comptoir. Je cherche le Playboy des yeux. Un demi à moitié vide glande sur le zinc. Je ne vois pas le magazine. Mais comme les personnages ont changé de rôle, peut-être que l’indice a aussi changé. Ce n’est plus le Playboy mais le jeu vidéo.
Sinon le bistrot est vide.
On se tale à une table. Je remarque l’affiche du film, mais il s’appelle « L’aventurière ». Et la fille dessus ressemble bizarrement à Angie Cyclone. Je repère son nom au bas : Amanda Cavana.
Lino vient prendre les commandes, une serviette sur l’épaule. Il repart vers le comptoir tirer deux bières. Pas de schnaps. Le gars n’en a pas commandé. Donc moi non plus. Je préfère éviter.
— Je suis Papofyse, le jaguar, qu’il me fait, je conduis des dix tonnes dans le djebel.
Avant de fourrer une clope dans le goulot. Il l’allume d’un coup de Zippo qui claque quand il l’éteint. Il le pose sur la table devant le paquet de Camel et le cendrier jaune avec Ricard dessus. Un dragon orne le Zippo.
C’est à ce moment que le hippie déboule des toilettes. Le monocle sur l’œil. Mais sur l’autre. Il me jette un regard rapide et pose son jean sur un tabouret au comptoir devant le verre de bière à moitié vide.
ENROOTS est imprimé sur le dos de son blouson.
Je cherche une nouvelle fois le Playboy, des fois qu’il dépasserait d’une poche.
Lino ramène les bières. Papofyse empoigne le verre et l’avale d’un trait.
Sûr que le djebel donne la soif sur la langue.
Une mouche patine dans ma mousse. Mon premier réflexe et d’informer Lino, mais c’est bien connu, dans les westerns le coup de la mouche dégénère souvent en baston. Et ne sachant pas comment les choses peuvent évoluer, n’ayant pas envie de me ramasser une manchette dans les mandibules, voulant aussi vivre la suite, je m’abstiens de tout commentaire.
Papofyse l’a vue et lâche une rigolade. Balance la vanne avec la chantilly, que je ne peux pas rapporter ici, par souci de bienséance.
Je récupère la mouche avec le coin d’un sous-bock Kronenbourg. Elle se lisse les ailes et se barre, mais en zigzag. A mon avis elle a dû se payer un trip d’enfer.
Et l’idée prend de plus en plus d’ampleur. Il me faut le CD du jeu CYBER GIRL.
Je ressors le dépliant que j’avais empoché et survolé, dans l’espoir de glaner plus d’informations. On doit certainement le trouver à la Fnac. Aucune date de sortie précisée. Ah si ! en vente le 31 octobre. Et on est le…
Attends ! on est quel jour déjà ? Octobre c’est sûr ! Le 21 ? Le 22 ?

Quatre filles entrent, des dégaines de loubardes rockeuses, les mèches de cheveux rebelles, les jeans moulants.
Elles se dirigent vers le hippie et lui scotchent des bises. Puis elles l’entourent et discutent soutenu en rigolant. Lino aligne quatre bières mousseuses sur le zinc devant elles.
Papofyse me raconte une nuit dans un claque à Marrakech avec une Thaïlandaise épileptique de la croupe, du temps qu’il était barbouze sous Valéry Giscard d’Estaing, quand Le Petit Rapporteur agrémentait à la télé les repas dominicaux.
Je tairai les détails pour ne pas choquer les âmes sensibles.
Soudain une des filles, une grande brune, tend le bras en l’air et gueule :
— Ouaiiiis, l’obsédé !
Les autres filles rigolent avec des rires de filles.
Au bout du bras la main tient un magazine.
Damned ! Serait-ce mon Playboy ?
Il devait l’avoir planqué dans la poche intérieure de son blouson. La grande brune a dû le trouver.
— Putiiiin, Titi ! crache une petite blonde. T’es bien un mec !
— Ben quoi ? réplique Titi le hippie. Y’avait un article sur les Stones. Les filles, c’est accessoire.
— Comment ça, les filles, c’est accessoire ? reprend la grande brune. C’est vous les mecs qui fantasmez sur nous !
La petite blonde, qui avait pris le Playboy, le balance par-dessus son épaule, sans regarder.
Il atterrit direct sur mes genoux.
Là je crois qu’il existe des imprévus qui ne sont plus des hasards. Une idée bizarre me vient alors, comme quoi la petite blonde…
Mais je ne vois pas son visage, elle me tourne le dos. Et quand elle est entrée, je n’ai pas fait gaffe à elle. Mes yeux crapahutaient sur la grande brune. Ben oui, quoi !

Papofyse se lève et file aux pissoirs. J’en profite pour feuilleter le Playboy, à la recherche des pages où je dois voir Angie Cyclone.
Un bruit de tabouret renversé cognant contre les dalles me fait sursauter les deux globes oculaires.
Titi le hippie est debout face aux filles. Apparemment ça chauffe entre eux. La grande brune le menace avec sa paire de lolos agressifs en avant, des crachats dans la voix. Les autres filles la soutiennent.
— Ouais, vous vous prenez pour qui, les mecs ? qu’elle lui décoche dans les gencives.
Elle l’empoigne et le secoue. Il résiste. La petite blonde l’agrippe aussi. Les deux autres filles regardent, prêtes à intervenir.
Titi le hippie se dégage et fonce vers les pissoirs, poursuivi par les filles qui hurlent comme des hyènes. Sauf la petite blonde qui s’est baissée pour ramasser je sais pas quoi. Puis elle suit les autres.
Lino secoue la tête en rigolant et continue d’essuyer un verre.
On entend des gueulantes renvoyées par l’écho du couloir. Un bruit de porte claquée. Des coups dans une porte. Peut-être qu’il s’est enfermé dans une cabine. Remarque, face à une meute féroce de filles, dans des pissoirs, c’est la seule solution logique acceptable pour ne pas finir zigouillé.
Je remarque alors deux trucs brillants sur les dalles, prêt du tabouret renversé. Je me lève, le Playboy roulé à la main, file voir, ramasse les deux monocles de Titi le hippie. Les fourre dans la poche de ma chemise. Remets le tabouret droit.
Quelque chose me dit que c’est la petite blonde qui les a pris à Titi, et les as posés sur le sol, pour moi.
J’écoute.
Plus aucun bruit ne vient des pissoirs.
Je traverse le couloir, tourne le coin. De nouveau le mur de briques. J’ai comme dans l’idée qu’en revenant dans le bistrot, il sera vide.
Effectivement. Lino a disparu.
Je récupère le Zippo sur la table. Un réflexe, comme ça !

Dehors, un soleil d’été inonde les bâtiments de la zone industrielle.
Et c’est là que l’idée me vient.
Je prends les deux monocles et les ajuste devant les yeux. Rien. Peut-être qu’il y a un droit et un gauche. Je les intervertis. Rien.
Quelques secondes de réflexion, comme des oiseaux de passage, provoquent un mini cyclone d’air interrogatif dans le ciel de ma pensée.
Je pose le Playboy sur un muret. Trouve le poster trois volets. Le déplie. C’est Angie Cyclone en tenue de CYBER GIRL.
J’ajuste les deux monocles devant mes yeux.
Et c’est là que tout s’est mis à tourbillonner.
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Sami » 24 Oct 2008, 16:01


Place tous les sens en alerte de survie extrême. Facile. Il suffit de prendre le rôle du vermisseau candide pisté par 10,25 mantes religieuses affamées dans un mètre carré de verdure exubérante.


:mdr: :mdr:

Une paire de lunettes, c’est deux monocles qui copulent frénétiques.
:10:

Un éclair de transpiration électrifiée d’adrénaline me traverse le bulbe rachidien.
— De la Vénusienne Japonaise ?


hihi c'est bien toi ça :D

Sur l’écran, Thierry roule un kiss à Isabelle.


un kiss ça se roule? :18: :D

VITE LA SUITE!
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Phantom_Blue » 25 Oct 2008, 12:17


Chronique 16

BIENVENUE DANS LE MONDE DE CYBER GIRL

Les lettres brillent géantes dans l’espace parsemé de petites étoiles scintillantes.
Une musique symphonique tonne autour de moi. Le style BO à la Star War avec des envolées de synthé en flaques d’océans sonores comme des marées capricieuses, qui te flagellent les tympans, te secouent les molécules et disparaissent en laissant des filigranes de traînées vibrantes.
Je flotte dans le vide.
Un Berliet spatial déboule. 100 000 tonnes ! Des cornes de dinosaures sur le capot aussi large qu’une table de réveillon à la mairie. Les taules rouillées par les vents solaires. Un pare-brise granulé de poussières atomiques.
En tee-shirt hawaïen et futal treillis, Papofyse tient le volant, une Gitane grillant sur la lippe.
Le Berliet ralentit, un sas s’ouvre à ma hauteur. Je m’engouffre à l’intérieur en nageant avec les bras et les pieds. Retrouve la gravité et le sol dur.
Une odeur d’huile de vidange et de frites clapote dans la cabine de pilotage.
— Salut mister hamac, qu’il me gargouille, Papo, la Gitane s’agitant rythmique avec les mots. T’as quand même réussi à trouver l’entrée du jeu.
J’affiche une mine interrogative qui n’arrive pas à exploser avec sa solution.
Titi le hippie déboule de la soute, un pack de canettes dans les doigts, me cadre et balance :
— T’as réussi à entrer ? J’avais parié avec Papo que tu te planterais.
— Euh, que je bricole de la voix, vous pourriez m’expliquer la psychose ?
Titi se laisse tomber dans un siège plus râpé que son blouson. Etire ses cannes terminées par ses tiags pointues. Pose le pack sur son ventre. S’empare d’une canette. Décapsule la languette. S’envoie une rincée sous le bandana.
Papo tire une taffe de sa Gitane, un œil fermé, à cause des piqûres de la fumée. Devrait arrêter de cloper. Ça brouille la vision du cerveau des idées.
Titi achève la canette et beugle un rot en même temps qu’il l’écrabouille entre ses phalanges musclées. Blablate d’une voix chantante et houblonnée :
— La zone industrielle, c’était une cinématique du jeu CYBER GIRL. On est des créateurs de niveaux. Papo est spécialisé dans les objets 3D, moi c’est les textures et les décors.
J’essaye de suivre, de relier les infos, de les organiser sur un schéma d’ensemble logique. Il poursuit :
— Lino, c’était un perso de synthèse. Les filles, c’est des joueuses de réseau. La brune avec les super nichons c’est Kate, alias Mousson Fatale. La petite blonde c’est Blondie, alias Bisou, le s en croix gammée. Mumu c’est celle avec des anneaux partout, alias Brise-C. Et Déborah, la rousse, une cinglée du joystick, miss Tempête-du-désert. J’ai nommé : Les Spider Vamps !

Papo prend le relais, avec des mots imprégnés de Gitane :
— On lutte aussi contre l’OPG. Ces enfoirés créent des programmes télévisuels pour abrutir le peuple. Les gens ne le savent pas, mais la réalité n’existe plus depuis un moment. Ils sont noyés dans ces programmes. Seulement on a découvert que le cyberespace des jeux était une réalité annexe, parallèle si tu veux, et qu’on peut interagir avec sur les programmes.
— Ouais, crachouille Titi en décapsulant une deuxième canette. Mais pour pas être repéré par l’OPG, on trafique pour faire ressembler à des films. D’où Lino et le Berliet de « Cent mille dollars au soleil ».
J’ai l’impression de capter, mais en même temps le truc m’échappe. C’est ce qu’on appelle « voiler en dévoilant et dévoiler en voilant ». Ou alors il me manque une mise à jour des neurones.
Papo aspire une dernière bouffée et écrase le mégot sur un coin du tableau de bord plutôt amoché côté design. Avant de fourrer une nouvelle Gitane entre ses lèvres gercées par l’acide de la nicotine. Titi lape copieux le liquide mousseux comme un clébard assoiffé.
— Alors si je comprends bien, c’était une mise en scène créée par vous, et les filles jouaient dedans ?
— T’es intelligent quand tu veux, ironise Papo.
Titi tressaille un petit rire. Des gouttes de bibine s’esclaffent sur son menton et son tee-shirt avec la Marilyn Orange de Andy Warhol dessus.
Je finis par me taler sur un siège, qui couine quand mon cul lui compresse la mousse. Titi me balance une canette, que j’attrape au vol.
— La Blue Bull, que je lis, connais pas.
— De l’énergie concentrée, chante Titi, ça te rebooste le thalamus et l’hypophyse. Bon, avec quelques petits effets secondaires des fois, mais pas de quoi interrompre le traitement. Hein Papo ?
— Ouais, qu’il me répond, le Papo, en me louchant, l’œil droit à gauche, l’œil gauche à droite.
Destroy ! Rien que de le fixer une seconde dans le regard, faut que je cligne plusieurs fois des paupières pour me remettre les zoeils dans une symétrie équilibrée. Du coup je crois que ma soif s’est évaporée comme par enchantement.

Je pense soudain à poser la question.
— Vous connaissez Angie Cyclone ?
— Je veux, roucoule Titi, en écrabouillant la canette vide. Une joueuse de réseau, mais elle fait du solo. Je voulais la coincer une fois dans SNIPE JUNGLE, je la tenais au bout de mon gun, le sien était vide, ben elle m’a rafalé avec ses ongles, comme des fléchettes. Un truc de filles ! J’avais jamais vu ça. Et je peux te dire que des ongles de filles en pleine tronche, ça te désosse le lifting. Elle m’a achevé à coup de botte dans le slibard. Des cuissardes à la John Galliano ! Le trip !
Papo rigole et largue une caisse comme un contre-ut de gratte électrique. Effet de la smoke.
Ainsi Angie Cyclone joue aux jeux vidéo. Elle se balade dans le cyber espace et les programmes télévisuels. Je comprends mieux certaines choses. Ses pseudos, c’est peut-être pour brouiller les pistes. La fille aux mille visages et aux mille noms !
Une autre question me flashe dans le ciboulot.
— Vous avez entendu parler du vol de la culotte de la Reine ?
— Ouais, répond Titi, un truc bizarre. Sûrement un coup de l’OPG pour déstabiliser les consciences et les faire focaliser sur un truc zarbi, histoire qu’elles ne découvrent pas qu’elles sont noyées dans les pros télé (comprenez : programmes télévisuels).
— C’est aussi mon avis, confirme Papo.
— Mais vous n’avez pas essayé d’avertir la populace ? que je demande.
— On n’arrête pas, répond Titi, j’ai même une chanson « Le journal de 20h » (http://www.myspace.com/lezebrakrothesite ), mais les gens sont tellement abrutis qu’ils se plaisent dedans. Ils en redemandent même.
Evidemment. A force de crapahuter dans la fange, on finit par s’y habituer, on oublie, on trouve ça total normal.
— Bon, que je gargouille, et on fait quoi maintenant ?
Papo allume une autre Gitane et crachote, un œil à demi-fermé, un tremblement furtif sur les babines :
— On livre la cargaison sur Mars et après on file sur Paradis Land.
— C’est tout ? que je m’étonne.
— C’est le niveau, envoie Titi. On l’a inséré dans les pros télé. On avisera en temps voulu, suivant la situation.
Il décapsule une autre Blue Bull.
Tout compte fait, je décapsule aussi la mienne. Renifle. Comme un goût de menthe.
— Et c’est quoi, les effets secondaires ?
— Risque de rêve incurable, répond Titi en levant sa canette, avant de s’engorger une longue rasade sur les amygdales.
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Babou » 26 Oct 2008, 07:05


Emile projette d'aller au cinéma à 20h30. Il est 16h. Il a une petite faim, il a le temps. Super ! y a un Mac Do à côté. Faisons pas la fine bouche pour une fois (à défaut de déguster une cervelle tout juste poêlée au black beur et frémissante encore sous le palais). 17h, il sort du Mac Do. Il se dit : j'ai encore du temps devant moi. Il se balade au hasard des rues, des rues qui conduisent ailleurs et des ailleurs qui conduisent dans d’autres rues, mais parfois les rues conduisent nul part ..... nul part ailleurs. Il rencontre quelqu'un ou personne, peu importe il veut pas rater << Cent mille dollars au soleil >>, le célèbre western réadapté à l'écran par un jeune réalisateur italien. 20h15, il est devant le ciné, de l'autre côté de la rue, mais quand il traverse la rue, .... il se fait faucher par une bagnole .... Il ne sera jamais à 20h30 au ciné. C'est ça le destin. :20:
Emile excuses G de t'avoir fait passer, en quelques lignes, de vie à trépas.

Le film Cent mille dollars au soleil a été tourné au Maroc mais on peut bien croiser sur les pistes marocaines un camion de marque française (Berliet) avec un arc soudanais accroché sur le radiateur. J'adore les expressions utilisées avec lesquelles Papo clope (cool à dire << Papo clope >>, non ?). Sacrément bien imagées !! Ma préférée : << la Gitane s’agitant rythmique avec les mots >>. Image Et j'adore l'expression << désosser le lifting >>.

Pourquoi je me retrouve dans la zone industrielle ?
Héééééééééééééééé ! Je suis revenu au début. Là j’essaye de cogiter speed pour trouver un sens.

Un Sens dans la ZI, c'est parfaitement inSensé ! Mieux vaut une ZI dans un Sens. On est toujours dans un scéna de film ou on a basculé dans un journal régional ? Image


J’attends le Berliet. Les minutes passent. Rien.
Je décide de filer au bistrot. Stupeur en arrivant devant. La porte et les volets sont fermés. En plus le nom a changé. Ça s’appelle « Chez Emile ».
Je reviens sur mes pas. Le Berliet arrive et s’arrête au même endroit que l’autre fois. Sûrement que j’étais parti trop tôt.

<< Chez Emile >> Tiens donc ! Bien sûr; si tu refais l'histoire, faut te pointer exactement à la même heure, au même endroit. Et encore, tu pourras retrouver ton camion, ton bistrot, mais pas forcément les mêmes persos .... Image

Le gars m’aperçoit et traverse la route.
— Salut, vous sauriez pas où je peux trouver un bistrot ?

Décidément tout le monde cherche un bistrot, Image ah c'est vrai ! c'est un retour en arrière, on recommence l'histoire, sauf que, voilà, certains données ont changés. Déjà Lino n'est plus Lino mais j'ai une petite idée de l'identité du nouveau camionneur ... en même temps c'est pas trop difficile. :15:

Soudain une des filles, une grande brune, tend le bras en l’air et gueule :
— Ouaiiiis, l’obsédé !

Hum .... C'est qui l'obsédé ? :04: :13:

— Putiiiin, Titi ! crache une petite blonde. T’es bien un mec ! Titi ? Serait-ce le même ?
Tiens Titi !! Image

Quelques secondes de réflexion, comme des oiseaux de passage, provoquent un mini cyclone d’air interrogatif dans le ciel de ma pensée.
Joliment dit, encore. De la même trempe que << sur le cou de ma phrase >> Image

En tee-shirt hawaïen et futal treillis, Papofyse tient le volant, une Gitane grillant sur la lippe.
Pas super le look. Comme un léger défaut de goût car j'imagine des fleurs sur le shirt et le treillis on connait. Mais peut-être que sous le treillis un bulbe saura éclore ... la fleur naissant après. Euh .. c'est pas du bulbe rachidien dont je cause, quoi que, il peut y avoir une cause à effet ou un effet de cause... tout dépend si l'info est stockée dans l'hémisphère droit ou gauche du cerveau. :05: Image

— Euh, que je bricole de la voix, vous pourriez m’expliquer la psychose ?
Ce verbe est-il judicieusement choisi ? Juste parce que ça me parle mais en faisant un grand détour ... Image

— La zone industrielle, c’était une cinématique du jeu CYBER GIRL.
— Lino, c’était un perso de synthèse.
Les filles, c’est des joueuses de réseau.

OK je comprends. Là, tous les données sont changés et tu n'es plus maître de ta plume .... ni de ton scéna. En plus si TOI tu n'as QUE l'impression de capter ... L'épisode 17 risque fort de t'échapper totalement. Image

Papo prend le relais, avec des mots imprégnés de Gitane :
Euh ... Papo fume des Camels ou des Gitanes ? << Avant de fourrer une clope dans le goulot. Il l’allume d’un coup de Zippo qui claque quand il l’éteint. Il le pose sur la table devant le paquet de Camel >>. Note que les Camels c'est ptète seulement quand il sillonne le désert ... les chameaux aidant ! Image

— La Blue Bull, que je lis, connais pas.
Et le Blue Label King George V, tu connais ? Un top, dans le genre, mais, euh .... ça déchire légèrement plus que la mousseuse. Image

— Ouais, qu’il me répond, le Papo, en me louchant, l’œil droit à gauche, l’œil gauche à droite.
:10: :10: :10:

Tout compte fait, je décapsule aussi la mienne. Renifle. Comme un goût de menthe.
— Et c’est quoi, les effets secondaires ?
— Risque de rêve incurable, répond Titi en levant sa canette, avant de s’engorger une langue rasade sur les amygdales.

— Incurable ! Vous êtes au courant ?
— Oh, son histoire de photos. Il est fou. Je trouve ça complètement idiot.
— Elle est quand même pas mal, non ?
— Pas mal ...
— Vous êtes amoureuse de lui ?
— Mais qu'est-ce qui vous prend ? Mais ça va pas, non ?
— Rien rien j'disais ça comme ça ...

:15: :15: :15:

--------------------------------

PS : Falkan demande si tu peux pas lui livrer une douzaine d'escargots car son pc rame << Sur un muret, un escargot avance en écoutant du swing avec un mini casque. Il est équipé d’une coquille de 120 gigas avec un écran de 3 pouces. >> Image
La parole se fait spontanément rythme dès que l'homme est ému, rendu à lui-même, à son authenticité. Oui, la parole se fait poème. (Léopold Ségar Senghor)
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Phantom_Blue » 27 Oct 2008, 10:00


Chronique 17

Des fadasses, qu’il avait dit, le Papo, en parlant de la cargaison. Que sur le coup, j’eus du mal à saisir le sens. Que le Titi m’expliqua avec les détails. Bon, il fallut quand même que je le fasse répéter. Cinq Blue Bell dans les tripes, à 9,8°, faites le calcul ! Sa voix s’emmêlait les dents dans les mots. Les mots s’emmêlaient les dents dans sa voix.
Donc une cargaison de F.A., des Filles Androïdes, le dernier modèle multi-processeurs destiné aux ouvriers qui bossent dans les mines de la planète rouge, de quoi combler la solitude des longues nuits.
Le terme fadasse n’étant pas des plus courtois, je le conçois, mais bon, la vie quelque peu rude des chauffeurs, les longs parcours en solo, les stations bistrots largement arrosées, il y a de quoi vulgariser dans le populaire, si ce n’est populariser dans le vulgaire. Mais bon, sous une apparence brutale se cache une âme sensible, que dis-je, poétique…
— Putiiiiiin ! qu’il crache, le Papo en donnant un coup de volant. Saloperie !
Le Berliet oblique sur la droite. Un météore passe à quelques mètres du pare-brise.
Je retire ce que j’ai dit.
Titi ronfle sur son siège. A chaque expiration, deux petits couvercles se soulèvent au bout de ses tiags pointues, et de la fumée sort en émettant un petit sifflement. Peut-être un système de décompression, pour éviter une implosion du mec, relatif aux vapeurs d’alcool qui doivent stagner dans son corps.
Papo se fourre une Gauloise dans le bec et l’allume avec un fil électrique dénudé qui traîne sur le tableau de bord. Je pense au Zippo que j’ai ramassé sur la table du bistrot. M’apprête à plonger la main dans la poche pour le lui rendre.

Quand l’écran du vidéophone crépite au-dessus du pare-brise. Et le visage de Kate apparaît.
— On vous a retrouvés ! qu’elle rigole.
— Les Spider Vaaaaamps ! s’exclame Papo.
Mumu surgit au-dessus de l’épaule de Kate et braille :
— Bande d’obsédéééés !
— Ouais, crache en rigolant Déborah, au-dessus de l’autre épaule. Z’êtes que des obsédéééés !
— Ça va, grommelle furax Papo, cassez-vous ! On a du boulot !
— Tu parles, lui rigole Mumu. Picoler et ronfler comme des bœufs !
— Et il est où Titi ? qu’elle demande, Kate. Encore bourré ?
A mon avis, elle doit en pincer pour lui.
— Bon dégagez, répète Papo, j’ai pas que ça à faire.
Kate exhibe un petit boîtier avec une petite antenne et un petit bouton rouge. Un sourire narquois étire ses lèvres. Déborah et Mumu affichent le même sourire zarbi. Je vois pas Blondie. Pourquoi elle se montre pas ?
— T’as inventé encore quoi ? qu’il demande, Papo.
— Hihihi, rigolaille Kate. Vous voulez des filles, ben vous allez en avoir !
Elle appuie sur le petit bouton rouge et roucoule :
— Amusez-vous bien !
Papo mate leurs trois tronches souriantes sur l’écran, se tourne vers moi, se gratte le pectoral gauche, cogite, remate leurs tronches toujours souriantes, se tourne de nouveau vers moi.
Là je commence à me demander ce qui va se passer. Apparemment elles attendent quelque chose. Mais quoi ?
Titi ronfle toujours sur son siège.
— Damneeeed ! s’exclame soudain Papo. Les fadasses !
Kate, Mumu et Déborah éclatent dans un grand rire commun.
Je cherche à comprendre. Entends des cris de filles hystériques venant de la soute.
— Bisous… bisous… bisous…
Papo se précipite vers le sas, balance un coup de paume sur un interrupteur. Une lourde porte en métal s’abat et ferme le sas.
Je crois capter. Les filles androïdes se sont activées.
Les « bisous…bisous… » se rapprochent.
Bientôt une série de coups violents percutent la porte. Toujours ponctués par les « bisous…bisous… ».
Ben comme une meute de midinettes fans tombant sur le poil de Tokio Hotel.
Papo secoue Titi qui ouvre enfin un œil.
Sur l’écran, les filles s’esclaffent un max. Je vois toujours pas Blondie.
D’après les coups, la porte ne tiendra pas longtemps. Mais je croyais que c’était des filles androïdes super douces, délicates, pleines de grâce et… Bon, là je crois que je me monte un film idyllique sur l’idéal féminin. Ça m’apprendra à regarder les films de Walt Disney. Enfin quand j’étais gosse. Ces mièvreries me sont restées ancrées dans l’inconscient. Même avec tous les clips de Marilyn Manson, elles partent pas. Ou alors je m’accroche quelque part au rêve d’un bonheur parfait avec une fille… Angie Cyclone… Je repense soudain à elle.
— Vite ! gueule Papo en ouvrant une trappe.

Je sais pas si l’idée elle est vraiment bonne, mais bon, on a pas trop le choix. En haut la porte a cédé. Les filles androïdes s’acharnent sur la trappe. Elle résistera pas longtemps. Les tiags pointues de Titi disparaissent dans le tube lance-torpilles numéro 3. Papo le referme. Je m’engouffre dans le 1. Clonk fait la porte du tube en se refermant.
Je me retrouve dans le noir. Attends. Pense à Angie Cyclone. Pourquoi je me retrouve toujours dans des situations pas possibles ?
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH
La vache ! J’ai cru que j’allais bouffer la peau de mon crâne ! J’ai dû paumer un os ou deux, peut-être tout le squelette ! Ah mais c’est vrai, on est dans le cyberespace ! Y’a pas de squelette ! Oui mais je suis où alors ? Ah oui ! Dans mon lit en train de roupiller ! Enfin je crois !
Le Berliet s’éloigne sous mes pieds à une vitesse fulgurante. J’essaye de voir si je vois Papo et Titi, mais la vitesse me rentre la tête dans les épaules. Dommage, j’aurais bien voulu tester les bisous des fadasses, comme il dit le Papo. Bon, une bouche, ça va, mais une trentaine, tu dois ressembler à un citron pressé après. Remarque…
Je ralentis quand ? J’ai l’impression que je file de plus en plus vite. Les dents du haut compressées sur celles du bas. J’ai plus de langue, elle a dû se fondre dans le palais. Je garde les bras plaqués le long du corps. De toute façon je peux pas les bouger.
Je me mets à tourner sur moi-même. Puis tout mon corps tourne dans tous les sens. Je crois que je vais dégueuler.
Et tout s’arrête.
Je flotte immobile dans le vide.
Pas de trace de Papo et Titi. Ils se sont peut-être paumés dans un trou noir.
Et c’est là que la navette est arrivée, effilée comme un squale, avec des ailerons.

J’essaye de reprendre mes esprits, assis sur un siège bulle, dans une cabine scintillante.
Debout devant moi, Cyber Girl, Alisa Clone, Angie Cyclone quoi, fabuleuse dans une combinaison futuriste moulante, ses longs cheveux blonds cascadant en rafales dans son dos merveilleusement courbe. Elle porte des cuissardes à talons hauts et un gun dans un holster sur sa cuisse gauche.
— Ça va ?
Ben, euh, je souffle un « oui », c’est sûr que ça va, je suis avec elle. Enfin je la revois. Chaque seconde en sa présence est une source de bonheur inestimable. J’oublie tout le reste. Enfin pas tout. J’aimerais bien comprendre le pourquoi du comment.
— Bienvenue dans le monde réel !
Hein ? Quoi ? Quel monde réel ? Je suis de nouveau dans la réalité ? Ça m’étonnerait.
Elle sourit, amusée par mon étonnement qui dégouline sur mon visage comme une pluie d’incompréhension aux gouttes en formes de points d’interrogation.
— Vous êtes dans le monde de la conscience, votre conscience, là où vous vivez en réalité, donc c’est le monde réel. Tous les autres sont des créations, y compris celui que vous appelez la réalité.
— Hein ?
— Rassurez-vous, ils existent réellement, mais ils sont provisoires. D’autres ont existé avant, et d’autres viendront les remplacer. Mais il existe aussi des mondes qui sont éternels. Dont celui de votre conscience.
— Euh… oui…
— Et celui de ma conscience aussi. Et comme les consciences peuvent se rejoindre…
J’aime bien la dernière information.
— Oui, mais pourquoi tout ça ? L’OPG ? Et tout le reste ?
— Il faut bien un peu d’action dans nos vies, sinon elles seraient affreusement monotones, pas vrai ?
Son sourire m’irradie.
Je veux bien de l’action avec elle, mais entre des draps roses. Ben j’aime bien le rose, c’est plaisant pour des draps.
Une autre question me tombe du cerveau sur les lèvres, un neurone comme une bille du loto qui roule et finit par atterrir dans le tube.
— Mais Papo et Titi, quel est leur rôle ? D’abord Titi qui me cache l’indice, puis après je suis embarqué avec lui dans un Berliet.
J’ai pas pensé qu’elle pouvait très bien ne pas être au courant de ce qui m’est arrivé.
— Ça fait partie du scénario. Ils créent des niveaux parallèles aux programmes télévisuels. Je pense qu’ils ont dû vous mettre au courant.
— Oui.
— Ils essayent de lutter à leur manière contre l’abrutissement généré par l’OPG. Et comme ils aiment la fantaisie, ils inventent des cinématiques plus ou moins tordues.
— Aaaaah ok. Et on fait quoi, maintenant ?

Evidemment, j’espérais qu’elle allait me prendre dans ses bras, mais le niveau n’était pas fini. C’est ce qu’elle m’a dit.
Et me voilà les pieds dans le sable blanc d’une plage, sur une île en plein cyberespace.
Je regarde la navette s’éloigner dans le bleu azur du ciel. C’est comme dans les vidéos d’Antoine sur la chaîne Voyage. Plein de couleurs, avec une odeur de vacances.
Angie Cyclone m’a dit qu’on se reverrait. Son sourire a été comme un baiser. Il persiste sur mes lèvres, virtuel, insistant, agaçant, délicieux, ailes de papillon nerveux.
Des macaques se chamaillent sur un cocotier. Je regarde les vagues de la mer turquoise rouler doucement à mes pieds. Un vent agréable m’habille d’oxygène.
— Il est là !
Papo sort de la végétation, suivi de Titi.
— Purée les mecs ! Comment vous avez atterri ici ?
— Comme toi, répond Papo, j’avais réglé les tubes sur cette île.
Je préfère ne rien dire pour Angie Cyclone. Enfin pas tout de suite.
— L’emmerdant, crache Titi, c’est qu’on ne peut pas faire de feu. Si j’avais mes deux monocles, je pourrais fabriquer une loupe. Et avec le soleil, on aurait du feu. J’ai vu ça une fois dans la série « L’île mystérieuse ».
— Ouais, dit Papo, on voudrait bien cuire le poisson. Je commence à avoir une dalle d’enfer.
Je savais que ça servirait. J’avais eu le bon réflexe. Je sors le Zippo de ma poche.
— Mon briquet ! chante Papo.
J’avais d’autres questions, mais pour l’instant, moi aussi, une dalle d’enfer me tenaillait l’estomac. Enfin mon estomac virtuel, réel provisoirement.
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Babou » 28 Oct 2008, 07:15


Donc une cargaison de F.A., des Filles Androïdes, le dernier modèle multi-processeurs destiné aux ouvriers qui bossent dans les mines de la planète rouge, de quoi combler la solitude des longues nuits.
Durant un quart de dizième de seconde je lis, donc je pense, donc je lis. Bref, je lis F.A. et je pense Femme Actuelle. Sûr qu'on est pas dans le même registre ni sur la même planète. Mais est-ce que les Filles Androïdes font des petits trucs particuliers et inconnus de nous, femmes humaines ? Image

Titi ronfle sur son siège. A chaque expiration, deux petits couvercles se soulèvent au bout de ses tiags pointues, et de la fumée sort en émettant un petit sifflement. Peut-être un système de décompression, pour éviter une implosion du mec, relatif aux vapeurs d’alcool qui doivent stagner dans son corps.
Non, à mon avis ils sont animés (Papo et Titi) d'une même pensée fumante et alcoolisante à caractère galopant, et là c'est la fumée de Papo qui ressort par les tiags de Titi. :D

Papo se fourre une Gauloise dans le bec et l’allume avec un fil électrique dénudé qui traîne sur le tableau de bord.
Pourvu qu'ensuite il ne se trompe pas de bout ... ou d'embout. Image

Papo se précipite vers le sas, balance un coup de paume sur un interrupteur. Une lourde porte en métal s’abat et ferme le sas.
Je crois capter. Les filles androïdes se sont activées.

Ah ok ! mais dis moi, ça devient coquinement sympatique cette affaire. Une orgie en perspective ? Vite je veux voir ... euh, je veux lire. Image

Mais je croyais que c’était des filles androïdes super douces, délicates, pleines de grâce et…
Ouais, ben n'ai pas peur de t'exprimer. Pleines de grâce .... comme des Maries. Ah la la ta naïveté te perdra un jour. :PDT_rev:

Clonk fait la porte du tube en se refermant.
Clonk !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! J'adoooooore ! C'est la première fois que " j'entends " écrire ce mot ! Clonk ! Image

Le Berliet s’éloigne sous mes pieds à une vitesse fulgurante. J’essaye de voir si je vois Papo et Titi, mais la vitesse me rentre la tête dans les épaules.
Sûr que si t'as la tête rentrée dans les épaules tu peux difficilement voir ! La vitesse fulgurante te pose un souci ? T'as jamais fait le grand huit ? Etonnant, c'est pourtant l'entraînement n° 5 ... Image

Bon, une bouche, ça va, mais une trentaine, tu dois ressembler à un citron pressé après.
Ou une figue desséchée après le passage du presse-citron. Image

Pas de trace de Papo et Titi. Ils se sont peut-être paumés dans un trou noir.
Encore un coup de Planck ! Image

Une autre question me tombe du cerveau sur les lèvres, un neurone comme une bille du loto qui roule et finit par atterrir dans le tube.
Si c'est pour toucher le gros lot et non le grelot, je suis preneuse. Image

— Ouais, dit Papo, on voudrait bien cuire le poisson. Je commence à avoir une dalle d’enfer.
Je savais que ça servirait. J’avais eu le bon réflexe. Je sors le Zippo de ma poche.
— Mon briquet ! chante Papo.

Dommage que t'aies gardé le zippo. J'aurais bien voulu voir comment vous alliez vous débrouiller pour Allumer le Feu sans le moindre morceau de silex ! J'adore les zippos ! Quand d'un coup de pouce un seul et dans un clac claquant tu soulèves le capot, puis embrayant sur la molette, sentir, juste quelques secondes, ce parfum d'essence. Image
La parole se fait spontanément rythme dès que l'homme est ému, rendu à lui-même, à son authenticité. Oui, la parole se fait poème. (Léopold Ségar Senghor)
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Papofyse » 29 Oct 2008, 03:17


Salutatous,
Hé hé hé, je commence a me sentir une âme d'indiana jones moi, certe un peu bérurienne mais tellement jouissive. Dans la création de niveaux et le cyberespace, c'est vrai que tout est permis ... alors les fanfics !
La suite, la suite (j'ai hâte de voir comment on s'en sort) nous trois c'est une analogie aux pieds nickelés ou pas ?
Mais je suis bien dedans et ceci depuis le début de l'aventure !
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Sami » 30 Oct 2008, 16:10


Cinq Blue Bull dans les tripes, à 9,8°, faites le calcul !



aaaaah,j'imagine :13:

Papo se fourre une Gauloise dans le bec et l’allume avec un fil électrique dénudé qui traîne sur le tableau de bord.


trop fort ;D :D

Ben comme une meute de midinettes fans tombant sur le poil de Tokio Hotel.


beuuurk :D
La vache ! J’ai cru que j’allais bouffer la peau de mon crâne !


comment tu fais ça?? :cavapas: :cavapas:

Elle sourit, amusé par mon étonnement, qui dégouline sur mon visage comme une pluie d’incompréhension aux gouttes en formes de points d’interrogation.


woah,super phrase!


Si j’avais mes deux monocles, je pourrais fabriquer une loupe. Et avec le soleil, on aurait du feu. J’ai vu ça une fois dans la série « L’île mystérieuse ».


ahah je l'ai vu aussi :D

Enfin mon estomac virtuel, réel provisoirement.


glourps...ça donne la gerbe :D
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Aeryn Sun » 30 Oct 2008, 16:26


J'ai lu d'une traite, et maintenant mon cerveau et en bouillie :cavapas: :cavapas:
Comme le dit papo: ou prend tu tous cela. Tu dois passer des jours et des nuits ( aucun rapport avec une sitcom :14: ) à écrire :01: . Continue à nous enchanter.
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Re: Petites chroniques de L'homme qui se recouche

Messagepar Phantom_Blue » 02 Nov 2008, 18:25


Chronique 18

J’avais oublié de demander à Angie pour Blondie. Sûr que c’était elle. Ben j’avais qu’à demander à Papo et Titi.
Ils s’étalaient sur le sable, autour du feu, gavés de poiscaille. Faut reconnaître que Papo avait cuisiné comme un chef. Et Titi m’avait épaté. Se planquer devant les vagues et chanter « Le journal de 20h » a capella. Les poissons avaient rappliqué direct dans ses doigts. Bon, manquait un petit blanc pour arroser les fritures, mais on peut pas tout avoir dans la vie, pas vrai ?
Les orteils fumant à l’air, ses tiags à côté de lui, Titi savourait la douceur de cet après-midi paradisiaque. Je suppose que c’était l’après-midi. En tout cas, ça y ressemblait beaucoup.
Soudain un macaque se pointe et me louche avec deux zoeils mobiles. Il tient une canette dans ses doigts.
— Héééé ! que je demi-gueule. Il a une canette !
Papo, qui s’enfonçait lentement dans les sables mouvants de la somnolence, se redresse, le regard électrifié, l’œil droit ouvert.
Titi ouvre l’œil gauche.
A eux deux, ils formeraient une tête bizarre. Déjà que seules, leurs têtes oscillent dans le paranormal. Remarque, la mienne aussi. Mais toutes les têtes ne sont-elles pas bizarres ? Avec tous ces bidules dans les visages qui bougent tout le temps ? Surtout les filles quand elles parlent !
Le macaque s’avance vers moi et me refile la canette.
Sympa la bestiole !
Une 1664 ! Ça fait longtemps que j’en avais plus sifflé.
Heeeeeeeeeeeeeep !
Le macaque vient de prendre les deux tiags de Titi. Il se barre dans la végétation, les pattes claquant au fessier.
Je me lève d’un bond, balance la canette à Papo et me lance à la poursuite du voleur.
J’entends la voix léthargique de Titi :
— Putiiiin ! Il m’a chouraaaavé les groles ! Ramèèèène-les !
Je pense que le macaque a fait un troc. Oui mais quand même, il aurait pu demander avant. Euh, oui, des fois qu’il parlerait pas. Evidemment, ça limite la compréhension de la communication.
Quelle aventure ! Je me demande où tout ça va me mener.
Après une cavalcade, je débouche dans une petite clairière. Y’a une baraque en bois, style chalet, avec une véranda, des cageots devant, remplis de fruits. Ça m’a tout l’air d’être une épicerie ou un truc dans le genre. A travers les fenêtres, je vois un comptoir, des étagères avec des boites, de la marchandise quoi.
Le macaque s’est engouffré à l’intérieur.
Je rentre à mon tour. Des odeurs d’épices me remontent dans les sinus.
Le macaque vient de donner les tiags à Jimi Colibri, le rasta chauffeur de taxi. Il secoue ses dreadlocks, examine les tiags, m’aperçoit, envoie dans un grand sourire :
— Héééééé ! Salut maaaan !
Le macaque s’est retourné. Il me jette un regard de macaque surpris et pas content.
— Salut, que je réponds.
Jimi Colibri comprend vite la situation. Il se met à rigoler. Du coup, le macaque rigole aussi. J’accompagne avec un sourire en relief.
— Tiens, qu’il me fait en me rendant les tiags, excuse Bobby !
— Ça fait rien, no problemo, elles sont à un pote, on campe sur la plage.
Je mate les étagères chargées de boites de cafés, thés, conserves, tabac. Y’a même des shiloms en bois, verre, métal. Des narguilés de différentes tailles. Des stylos pipes. Un rayon avec des magazines et des bédés.

Accoudé au comptoir, je déguste une liqueur rouge épicée, pendant que Jimi me raconte comment il s’est reconverti en épicier. Le macaque siffle un troisième verre. Il a l’air d’apprécier. Sa langue furète dans le verre pour slurper jusqu’à la dernière goutte.
Quand une fille avec des cheveux blonds courts et bouclés entre, plutôt jolie, un sac à la main. Elle porte un tee-shirt et un short. Les ongles vernis dépassent de ses sandales.
— Salut Blondie, lance joyeux Jimi.
Je manque de me décapsuler les deux zoeils. C’est elle, la fameuse Blondie ?
— Salut Jimi, qu’elle répond. Salut Blue !
Elle me connaît. Euh, je bafouille un « Salut Blondie », comme si on se connaissait depuis le jardin d’enfants.
Le macaque se verse un quatrième verre.
Elle me fait penser à quelqu’un, mais je sais pas à qui. Le nom se tient au bord de ma langue, prêt à sauter comme les plongeurs d’Acapulco.
Blondie pose le sac sur le comptoir.
— Il me faudrait des ananas, et puis aussi des fraises et des raisins. Tante Zoé fait une tarte.
Un délicieux parfum de vanille s’échappe de son tee-shirt comme une envolée de phalènes.
Le macaque termine la bouteille au goulot. Remarque, c’est plus pratique. Ça évite chaque fois de se reverser un verre, et t’as moins de chance de te choper une tendinite, vu la répétition du geste.
— Voilà ma belle, dit Jimi en lui mettant les fruits dans le panier.
— Merci, à plus.
Elle fait quelques pas vers la sortie, se retourne, me fixe :
— Ben alors, tu viens ?
Jimi affiche un grand sourire et me décoche un clin d’œil.

On marche sur un sentier au milieu des plantes et des cocotiers. Des aras batifolent sur des branches.
Je la trouve très kawaii avec ses bouclettes blondes. Mais j’arrive toujours pas à me rappeler qui elle me rappelle.
Elle finit par rompre le silence :
— C’est quand même une pimbêche. Moi je suis cent fois mieux qu’elle. Hein ?
— Euh, de qui tu parles ?
Elle hausse les épaules.
— Ben d’Angie.
— Angie Cyclone ?
— Ben oui, ma grande sœur.
Des fois je suis à côté de la plaque. Mais ouiiiii ! Voilà à qui Blondie me faisait penser. A Angie Cyclone. Normal, puisque c’est sa petite sœur.
— Tu me donnes un bisou ?
— Hein ? Quoi ?
Ai-je bien entendu ?
Blondie s’arrête, me regarde, ferme les yeux, tend ses lèvres roses nacrées.
— Euh…
Elle ouvre les yeux, me lance un regard furibard. Puis ses lèvres se tordent, ses yeux larmoient. Elle éclate en sanglots.
— Ooooouuuuuiiiiinnnnnn ! C’est po juste ! Personne il m’aime ! Oooouuuuiiiinnnn !
— Mais non, arrête… euh… mais si, tout le monde il t’aime…
— Oooouuuiiinnnn, c’est même po vrai !
— Mais si.
Purée, il manquait plus que ça. La petite sœur qui fait une crise.
— Je t’aime plus, qu’elle crachote. Na !
Et elle reprend la marche.
Bon, vaut mieux suivre sans rien dire. Quand les filles elles sont comme ça, tout raisonnement rationnel est inutile.
— Ooohh un gloup ! qu’elle chante soudain, en montrant une bestiole colorée sur une branche.
Et elle se met à rigoler.
Euh, oui, les filles, c’est très changeant des fois.
— Et c’est quoi, un gloup ?
— Ben un gloup, c’est un zoizeau qui fait des zoeufs de toutes les couleurs, alors t’en as des bleus, des rouges, des verts, des jaunes, ben comme l’arc-en-ciel, et c’est super pratique, parce que à Pâques t’as pas besoin de colorier des zoeufs, et pis…
Ah les filles, quand ça parle ! Remarque, vaut mieux qu’une fille cause plutôt qu’elle braille. Pas vrai ? Oui, enfin pas trop non plus, quand même.

La petite maison au crépi jaune avec des tuiles rouges campe au milieu des cocotiers. Une fumée s’échappe de la cheminée. Il y a des rideaux fleuris aux fenêtres.
Dans le jardin, délimité par une barrière en bois, une femme plutôt gâtée côté soutif et rondeurs, pend du linge. Plusieurs draps s’alignent sur un fil tendu entre deux cocotiers.
— Tante Zoé, lance Blondie, j’ai les fruits pour la tarte.
Tante Zoé termine d’accrocher un dernier drap et se ramène avec le panier à linge vide dans la main, ses lolos imposants retenus par un corsage brodé d’une fine dentelle.
Les présentations faites, tante Zoé ayant un léger accent italien du côté de la Sicile, elle embarque les fruits et disparaît à l’intérieur de la petite maison.
Et c’est là que je me souviens que j’ai oublié les tiags de Titi dans l’épicerie. Mon premier réflexe et de filer les récupérer. Mais une série de cris arrête mon élan.
Un gros personnage en costume de capitaine de la marine et un autre plus maigre avec un grand chapeau haut de forme et une longue barbe blanche surgissent de la petite maison et se barrent en courant entre les cocotiers.
Tante Zoé apparaît sur le seuil, un balai à la main, le chignon furax.
— Bande de feignasses ! Vous n’êtes même pas capable de réparer une machine à laver ! Mais pour picoler du cidre, là vous êtes champions !
— C’est le capitaine, le mari de tante Zoé, et l’astronome, dit Blondie. Ils picolent toute la journée. Comme tous les mecs, quoi !
Euh, là je trouve qu’elle généralise un peu vite dans la généralisation.

Quand des vibrations secouent le sol. Blondie agite ses bouclettes blondes, les yeux illuminés de surprise. Les oiseaux et les macaques s’affolent et se dispersent dans des battements de pattes et des cavalcades d’ailes.
Tante Zoé pousse un cri de tante Zoé et aboie :
— Vite, dans la maison !
Une ombre immense masque soudain le soleil radieux de cet après-midi étrange digne d’un chapitre de Lewis Carroll.
Et les grands doigts aux phalanges en cuir de King Kong enlèvent Blondie dans les airs. Il porte un immense slibard violet.
— Lâche-moi ! qu’elle lui crie.
Le grand singe s’éloigne à travers la végétation.
— Bluuuuuue, sauve-moi !
Ce sont les derniers mots de Blondie qui s’effilochent en écho évanescent au-dessus des cocotiers.
Euh, oui, euh…
C’est quoi cette zic ? On dirait Reggae Night de Jimmy Cliff. La zic se rapproche. C’est bien Reggae Night de Jimmy Cliff.
La jeep safari jaune et verte de Jimi Colibri jaillit sur le sentier, effarouchant les feuilles, avec le jerrican, la roue de secours, la pelle et deux enceintes déversant des volées de décibels. Bobby se cramponne debout au pare-brise.
— Hey man ! qu’il jacte, Jimi, en freinant devant moi. T’as oublié tes tiags !
Il brandit les deux godasses.
Tante Zoé court vers lui, les lolos ballottant, et l’informe de la situation avec son accent italien.
— Il portait un slibard ? qu’il demande.
— Oui, un grand slip, répond Tante Zoé, en faisant un geste avec les mains pour indiquer la grandeur.
— C’est la culotte de la reine, dit Jimi. Il faut la reprendre. Il y va de l’avenir du monde.
Tante Zoé se gratte le chignon sans rien capter.
Je reste quelques secondes dans un atermoiement total.
— La culotte de la reine ? que je répète. Celle qui a été volée ?
— Exact man, réplique Jimi.
— Mais, euh…
Il lâche une rigolade et glousse :
— La reine a un gros popotin. C’est pour ça qu’on a volé sa culotte. Il en fallait une pour King Kong. Viens, on va la reprendre !
Là j’avoue que je suis légèrement dépassé par la situation.
Je monte à l’arrière de la jeep. Jimi redémarre en trombe. Tante Zoé nous regarde partir, les poings sur les hanches.
— Mais pourquoi il y va de l’avenir du monde ? que je demande, soudain inquiet.
Jimi rigole, une odeur de kif exhalant de ses dents en or.
— Le héros dit toujours ça dans le film. Ça fait mieux.
Evidemment. Si ça fait mieux. Alors j’ajouterai rien.
Devant moi, toujours debout cramponné au pare-brise, Bobby lâche une caisse sifflante. Sur Reggae Night, y a comme qui dirait un instrument en plus.
L’aventure risque d’être périlleuse, mais pas dans le sens où on s’y attendrait.
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